19 avril 2008
Hommage à Césaire: Demande de N'tsika
J'ai reçu ce message dans la section commentaire en relation avec la mort d'Aimé Césaire:
"Je suis attristée par cette perte. Je suis antillaise,mais je suis une africaine avant tout et j'ai vécu aussi dans ce continent qui me manque. Je voudrais que vous m'improvisiez un poême d'adieu dédié à ce grand homme, Aimé Césaire, car je suis invité à la cérémonie d'adieu.
Merci, je compte sur toi mon frère.
N'TSIKA Françoise"
Ma chère Françoise,
Votre demande est allée droit en mon coeur et c'est bien volontier que je tente le difficile excercice que vous me demandez! J'ose croire que l'on ne cherchera pas à me comparer à l'illustre disparu, mais que l'on comprendra ce que je dis dans ces quelques vers. L'intensité du respect et de l'admiration voués à Césaire, mais aussi la reconnaissance pour le combat qu'il a livré pour nous, Nègres de tous les continents.
Aimé Césaire, Adieu !
Il est venu le temps d’adieu à Césaire
Il est venu ce moment qui ne peut plaire
Dans le grand sommeil a plongé ton âme
Et ta voix n’illuminera plus les hommes et les femmes
Nous te pleurons, Aimé, chantre de la négritude
Toi dont l’amour du Nègre était certitude
Nous te pleurons, toi voix de la conscience Noire
Toi dont la vie était de combattre pour l’espoir.
Aimé de tous cher Aimé, tu rejoints ton frère Senghor
Et des Cieux, veille sur nous encore et encore.
Ne cesse pas de nous guider Ô glorieux aîné
Et sache qu’à toi nous sommes à jamais enchainés.
À jamais attaché à ton esprit et à tes mots
Par ce que tu as été nous vaincrons tous les maux
Africain Antillais fiers de ton héritage
Nous chercherons à vivre à ton image.
Philippe Lomboto Liondjo
Genève, Suisse.
19 avril 2008
17 avril 2008
Adieu Grand Homme
Aimé Cesaire s'en est allé!
Et avec lui un morceau faramineux de la conscience des peuples nègres. Formons le voeu que ces peuple pour qui il a tant lutté sauront lui rendre l'hommage qui lui est dû.
Pour ma part, en amoureux du "verbe" et inspiré par le Grand Homme, je présente mes sincères condoléance à sa famille!
Philippe L. Liondjo
14 avril 2008
Aimé Césaire: Gèant de l'Histoire
Nos pensées fraternelles et respectueuses vont à notre illustre ainé. A l'heure où nous couchons ces quelques lignes, la santé de ce monument de la mémoire collective des peuples noirs est "préoccupante" selon le message délivré par le corps médical qui lui prodigue soins et attentions.
Nous sommes de tout coeur avec sa famille et faisons le voeu de son prochain rétablissement.
Prince du Fleuve.
03 avril 2008
Les Chroniques de Tony
Mes amis les policiers
Kinshasa, boulevard Lumumba, Limete, 1ère rue. Jeudi 3 avril 2008. Devant moi, brusquement à la hauteur du boulevard Sendwe, un policier sort de nulle part, bras en croix. Sous le feu de circulation qui fonctionne à ses heures perdues, deux de ses collègues guettent.
En principe, pour permettre aux véhicules venant de l’avenue de l’université de s’engager sur Lumumba, le policier ne devrait avoir que son seul bras droit tendu latéralement pour bloquer le passage sur la bande qui débouche sur le boulevard Sendwe. Donc, logiquement, ça devrait continuer à rouler normalement à droite sur le prolongement de Lumumba. Mais les bras en croix du policier et l’expectative de ses collègues sous le feu ne me disent rien de bon.
Pendant quelques fractions de secondes, je fais face à un dilemme : m’arrêter ou continuer ? Si je m’arrête, ils peuvent m’interpeller pour obstruction ; et si je continue, ils risquent de me faire observer les bras en croix de l’officier. Je me suis déjà fait pendre, deux fois, au même endroit, dans les mêmes circonstances. La première fois, pour avoir respecté les bras en croix du policier ; la seconde pour avoir continué à rouler. Cette fois-ci, comme je ne tiens pas à payer à ces dignes agents de l’ordre leur café matinal, je fonce et assure quand même en actionnant mon clignotant droit.
Peine perdue. Avec une rapidité à faire pâlir de jalousie un champion de course, les deux policiers sous le feu sautent sur la chaussée et m’intiment l’ordre de m’arrêter. Je freine, parque sur le trottoir et descends. Ils me demandent le permis de conduire en Lingala. Je le leur donne en leur demandant, en français, pour leur compliquer la tâche, ce qu’ils me reprochent. Sentencieuse, l’infraction tombe : ‘‘clignotant sur un passage continu’’. S’ils ne mettaient pas en retard, j’aurais rigolé avec eux un bon goût.
Je leur rappelle les deux fois d’avant où ils m’avaient pincé. Les braves me rétorquent qu’ils ne me connaissent pas, mais qu’ils font plutôt leur boulot, sans plus. Et comme toujours, il y a un gentil et un méchant. Le ‘‘méchant’’ a mon permis et feint de m’oublier et de parler au téléphone. Le ‘‘gentil’’ me rassure qu’avec juste ‘‘un petit rien’’ de ma part, il va convaincre son collègue à me remettre le permis.
Sachant d’expérience qu’invoquer un code de route qui s’interprète à la tête du client et selon le ‘‘bon’’ jugement du seul policier ne me ferait que perdre davantage de temps, je rentre au véhicule, je sors le téléphone et commence à former un numéro. La communication du ‘‘méchant’’ s’arrête curieusement tout net. Il me tend le permis en me reprochant : ‘‘Vous n’allez pas déranger le colonel pour si peu!’’.
C’est à mon tour de perdre la mémoire : ‘‘Quel colonel ?’’. Aussitôt je deviens le gros méchant : ‘‘Motema mabe, akabaka te’’ (méchant, radin) me lance l’un ; ‘‘Trafic d’influence’’, renchérit l’autre.
J’ai du mal à comprendre le fonctionnement de ces policiers. ‘‘Normalement’’, un ‘‘bon’’ policier n’arrête pas deux fois la même personne. La première fois, quelque en soit l’issue, suffit pour fraterniser. Il est aussi bien loin ‘‘le bon vieux temps’’ où le policier faisait d’abord un salut impeccable à l’automobiliste avant de le rançonner.
Anthony Katombe

