Par Desiré Katompa

Cela fait une semaine que la haute délégation belge est revenu du Congo après une mission d'une semaine. Cette délégation qui était composée de tous les ministres compétents sur le dossier Congo était porteuse d'un message de très haute importance pour la Belgique.

En effet après une crise gouvernementale de près de 9 mois, la Belgique vient de se doter d'un gouvernement dirigé par le gagnant des élections: Mr Yves Leterme. Cette nouvelle majorité regroupe l'ancienne majorité libérale et socialiste plus les socio-chrétiens moins les socialistes flamands. C'est compliqué, mais c'est le prix de l'unité de la Belgique donc...

Cette nouvelle majorité en place depuis le mois de mars 2008 devait fixer l'opinion belge et ses partenaires internationaux sur sa ligne politique en matière de relation internationale. En tant que partenaire privilégié de la Belgique, le Congo était le bon terrain pour appliquer cette politique.  3 ministres, celui de la défense Peter de Crem,  de la Coopération Internationale Charles Michel et des Affaires étrangères Karel de Gucht se sont donc rendu à Kinshasa pour porter le message du nouveau gouvernement belge au gouvernement de Kinshasa.

L'opinion s'interrogeait sur la ligne politique qui allait être adoptée par ce nouveau gouvernement. L'on se souvient que sous l'ancien gouvernement, après le départ de Louis Michel et la mise en place du ministère de la Coopération et celui des Affaires étrangères, on avait assisté à une cacophonie. Par exemple au moment de l'attaque de la résidence du sénateur Jean Pierre Bemba par les troupes de Joseph Kabila alors que le ministre des affaires étrangères condamnait le gouvernement congolais, Armand de Decker ministre de la coopération Internationale approuvait et André Flahaut le ministre de la défense félicitait Joseph Kabila et lui promettait même les moyens pour faire plus.

Nous nous étions interrogé à l'annonce de cette mission, sur le contenu de ce message après les sorties très médiatisées du ministre des affaires étrangères lors de son émission Bureau du pouvoir (l’émission Bureau du pouvoir diffusé par la RTBF met à l'honneur un homme du pouvoir). Aujourd'hui le discours de Karel de Gucht démontre a souhait que c'est la ligne ferme vis à vis du pouvoir de Kinshasa qui a été adoptée. Qui dit ligne ferme, dit difficulté à venir car Kinshasa n'a jamais eu l'intention de respecter quoi que ce soit en matière de bonne gouvernance. C'est parce que « nous » (les congolais de l'opposition) le savions que nous considérions que la Belgique en soutenant aveuglement le pouvoir de Kinshasa, se rendait complice de ses exactions en matière de droit de l'homme, de mauvaise gouvernance, du génocide social...

En se montrant ferme sur ces points, le gouvernement belge n'a fait qu'adopter en fait une position normale: imposer à Kinshasa de faire avec les moyens qu'on lui octroie ce pourquoi il lui est demandé. En stigmatisant le train de vie et privilèges que s'octroient les gouvernants congolais, le gouvernement belge ne fait que pointer du doigt les disparités sociales inacceptables qui règnent en RDC depuis des années. En pointant du doigt la responsabilité du gouvernement dans la non-protection des civils à l'est du Congo, le gouvernement belge ne fait que relayer le message de plusieurs organisations non-gouvernemental qui viennent pleurer devant les fenêtres de l'Union Européenne et du ministère des affaires étrangères.

Mais que leur reproche-t-on alors?

Après avoir lu ce discours, il nous est d'autant plus incompréhensible de saisir la pertinence des reproches que des opposants notoires ou des leaders d'opinion étiquetés acquis au changement lancent contre le gouvernement belge suite à ce discours. Quand l'on est perdu dans la forêt quelque soit la personne qui vous montre le chemin, du moment que ce chemin est correct, on s'en fout de la personne, on suit le chemin afin de s'en sortir. Quelque soit les prises de positions ou les motivations de la ligne politique actuelle de la Belgique, il nous importe peu de les décortiquer du moment qu'ils résultent à l'adoption d'une ligne politique qui correspond à notre combat pour le changement.

Notre but est de quitter le point A pour arriver au point Z, si pour cela on passe par le point C sans le B ou le point Y sans voir le X cela n'a aucune importance. Il faut apprendre à utiliser le cloisonnement au maximum. Chaque bataille doit avoir un début et une fin. Quand la bataille est finie, il faut en accepter le résultat afin d'entamer une nouvelle bataille. Ce n'est pas parce que l'on a perdu une bataille que l’on a perdu la guerre et ce n'est pas parce qu'on accepte la défaite d'une bataille que l'on dépose les armes.

Peu importe qui te montre la lune, si tu l'aperçois exploite cette information à sa juste valeur (si tu en as besoin...).

Mobilisons nous car : LA LUTTE CONTINUE et LA VICTOIRE EST CERTAINE!