Par Anthony Katombe

Hausse annoncée du salaire du parlementaire congolais de 4500 à 7500 dollars américains.

Invité d’une récente émission télévisée, Monsieur Steve Mbikay, un administrateur d’écoles privées qui est passé,  le temps d’un tour de l’élection présidentielle, de l’UREC de l’excellent Docteur Kashala à l’AMP de Joseph Kabila, a proféré des menaces à peine voilées sur l’avenir de l’AMP, la cohésion du parlement et la stabilité du gouvernement.

Et pour cause, selon les informations parvenues à Monsieur Mbikay, le pouvoir exécutif s’apprêterait à rehausser le salaire des députés et sénateurs de 4500 à 7500 dollars américains. Ce qui, à ses yeux, est non seulement inexplicable, mais aussi inadmissible de la part d’un gouvernement qui manque des moyens financiers pour soulager tant soit peu la misère des congolais. 

L’opinion s’étonne qu’une telle indignation vienne d’un membre de l’AMP pendant que l’opposition se chamaille pour le poste du porte-parole. Pour d’aucuns, la colère de Mbikay ne serait qu’une manifestation de jalousie à l’encontre de ceux qui n’ont pas eu le malheur de figurer comme lui sur la liste des oubliés de la mise en place des animateurs des institutions de la troisième république.

Toujours est-il que pour toute âme éprise de justice, un nouveau réajustement à la hausse du salaire des députés ne serait qu’une preuve de plus du mépris et de l’égoïsme des politiciens congolais, tant du pouvoir que de l’opposition institutionnelle. Déjà, on se souvient de l’émoi qu’avait jeté dans l’opinion la première majoration des salaires des parlementaires de 1500 à 4500 dollars dans un pays où l’on vit avec moins d’un dollar par jour.

En son temps, avec une désinvolture révoltante, Vital Kamhere, président de l’assemblée nationale, avait expliqué que si l’on prenait les salaires des députés pour les redistribuer aux fonctionnaires et enseignants, ceux-ci n’auraient  que 1.7 francs de plus sur leur feuille de paie.

L’on comprend dès lors que dans cette république des autres, la redistribution équitable du revenu national prônée par la constitution n’est qu’un leurre.

Maurice, Ingénieur en Télécoms, flaire un coup fourré dans cette majoration annoncée du salaire des députés. Pour lui, Kabila se sent à l’étroit dans la constitution, bien que taillée sur ses mesures. Il voudrait conditionner les députés en vue d’une sérieuse modification constitutionnelle dans les mois à venir pour se doter encore de plus de pouvoir. Le sort de Bemba, selon Maurice, pourrait aussi être parfaitement scellé par des élus conséquemment intéressés.       

Quant à Mbikay, si le gouvernement passe de la promesse à la réalisation, c’en sera fini pour lui avec l’AMP.

Une menace qui risque de ne pas être mise à exécution si d’ici à là, l’aumônier lui trouve une place au bord de la mangeoire.