Mrs Michel, Mpuila, Tshisekedi

Je voudrais commencer par féliciter principalement nos compatriotes d’Europe qui auront réussi à communiquer aux « parrains », l’état d’esprit de notre peuple. C’est grâce à votre combativité que M. Michel (Louis) a peut être commencé à entendre raison. On est encore loin d’avoir rétablit l’objectivité dans tous les esprits mais nous avons la preuve que la voix du peuple porte, que sa victoire est possible.

M. Michel.

Il a fait le voyage vers Kinshasa, c’est loin Bruxelles Kinshasa.  Ceux qui ont fait le choix de rester optimiste quant à l’avenir de la RDC ont peut être choisi aussi d’apprécier ces petits pas, du « parrain en chef », vers la bonne direction. Espérons qu’il a réellement compris qu’on ne se laissera pas flouer…

M. Mpuila.

Je n’ai pas pu achever la lecture de sa litanie concernant M. Michel, elle est trop longue … Le document se trouve à l’adresse suivante : http://udpsliege.afrikblog.com/archives/2005/08/22/741768.html.

C’est très embêtant, dans les circonstances actuelles, d’avoir à critiquer en public des compatriotes aussi dévoués pour la patrie et autrement combatifs; c’est en même temps difficile de ne pas réagir contre ce qui ressemble à une dérive sentimentaliste obsessionnelle de la part des personnalités aussi importantes. Monsieur Mpuila s’arrête sur tous les détails des confrontations, aucun recul par rapport aux événements, comme s’il avait des problèmes de synthèse ou qu’il n’avait plus le focus sur l’objectif.  C’est à questionner son sens des priorités, son jugement même, mais je n’irai pas jusque là. Quand on passe autant de temps à se remémorer ses rancoeurs et à déverser sa bile, c’est qu’on en enlève à la réflexion et l’évaluation objective de la situation. Comment voulez-vous alors que l’on ne nous trouve pas de solutions à rabais ? Cela semble d’ailleurs illustrer le « manque de sens politique » dont parlait Wade… « Combattre pour combattre » selon Bongo; ça m’avait irrité à l’époque mais je commence à me poser des questions… L’efficacité en politique dépend aussi de l’aptitude à dépasser ses ressentiments. On gagne quoi à ressasser interminablement les injustices subies de la part justement de ceux qui ont intérêt à vous distraire. Vous êtes en train de perdre un combat auquel vous avez participé si vaillamment pendant des années et vous risquez de nous coulez par manque de maîtrise et de vision. Les Congolais ont misé sur vous et ils avaient raison de le faire… ils ont aussi investi dans votre popularité, il y avait un but à cela. Quoi qu’il en soit, je ne me permettrais pas de vous manquer de respect comme je le vois faire sur Internet, je voudrais seulement vous demander d’envisager la possibilité d’erreur dans vos stratégies de négociation.

M. Tshisekedi.

Un excellent chef d’État qu’on aurait pu avoir, profil idéal et rare dans le monde politique : instruit, intègre, compétent, respectable, persévérant, tenace, mentalement fort et populaire. Je commence cependant à me poser la même question qu’un compatriote sociologue vivant à Berlin : « ye aza kobanga nini (de quoi a-t-il peur) ?». Il a tout et la grande majorité des congolais est derrière lui qu’on le veuille ou non. Je reste convaincu qu’il réaliserait un score rare même si tous les Rwandais venaient voter contre lui… mais hélas, son tréfonds n’est peut être pas en harmonie avec son ego; il veut mais il ne veut pas. Or le pays a un besoin urgent d’un capitaine audacieux capable de le sortir des eaux troubles dans lesquelles on tente de le maintenir; il faudra piloter à vue, sans balise, pendant un bon moment. Les convictions du chef pressenti ne le lui permettent pas semble-t-il et ces convictions supplantent apparemment la volonté populaire. Les Congolais auraient pourtant accepté de ramer … 

L’effort collectif a encore été gaspillé. Une réaction incroyable que j’essaie encore de comprendre, tellement je n’ose croire que le chef ait pu se tromper à ce point. Une question : que propose-t-il à son peuple si les adversaires ne reviennent pas à la CNS ?  Quel est son plan B ?  Le temps donnera peut être raison à M. Tshisekedi mais nous ne l’avons plus et le désespoir s’incruste…

C’est bien dommage d’autant plus que, malheureusement, l’écrasante popularité de M. Tshisekedi a probablement inhibé quelques ambitions de prétendants valables qui se seraient proposés à temps. C’est peut être le cas de M. Mukamba qui vient, très tardivement, de se réveiller en se portant candidat à la présidence du Congo; j’espère qu’il aura assez d’énergie pour rattraper tout ce temps perdu à attendre « Moïse ». Merci tout de même M. Tshisekedi, nous allons peut être devoir tourner la page vous concernant dans l’histoire politique de notre pays mais vous resterez un héros. Un peuple qui ignore ou démolit ses héros court le risque de rester inculte et incompétent à résoudre des problèmes justement ciblés par eux.

 

                                                         Gaby Njoli Bodjenga, Québec, Canada, BODNJ01@YAHOO.FR